FIÈVRE

La fièvre est-elle un bien ou un mal ? Un patient âgé sur 2 atteint de pneumonie n'a pas de fièvre. Il est étonnant de constater que le manque de fièvre péjore le pronostic : la mortalité de patients atteints de pneumonie passe de 4-12% , mais atteint 30% en l'absence de fièvre. Commentaire: le vieillard ne fait il plus de fièvre parce qu'il ne peut plus, ou parce qu'il se sait plus, l'ayant avortée à chaque tentative, sous prétexte d'un "confort" proposé par son bon docteur? «La fièvre est un paramètre important d'une maladie et ne doit pas être systématiquement supprimée par des antipyrétiques.. .La fièvre peut être en fait bénéfique pour les mécanismes de défense de l'hôte. La fièvre est de courte durée et ne provoque qu'un inconfort modéré. Un traitement antipyrétique de routine devrait être évité, mais peut se révéler nécessaire chez des personnes présentant une maladie cardiovasculaire ou neurologique. » (Infect Dis Clin North Am 1996 Mar; 10 (1) 211- 216) « La fièvre est rarement nocive. Seules des fièvres extrêmement élevées de 42.2C ou plus peuvent endommager cerveau. Des fièvres de 40.5C et plus nécessitent une attention particulière, principalement parce qu'elles sont un indice d'une infection sérieuse possible (comme une méningite). » (Sunday Star Times, mai 3, 1998, C3) « Les données actuelles suggèrent que l'administration fréquente d'antipyrétiques aux enfants lors de maladies infectieuses puisse engendrer une détérioration de leur maladie.» (Acta Paed. Jpn Aug; 36 1994 (4) 375-378) Fièvre et syndrome de REYE « A cause d’une association entre le syndrome de Reye, les salicylates et la varicelle, le fabriquant recommande de ne pas administrer de salicylates pendant les 6 semaines suivant la vaccination » (Medical Letter Vol 17, N°15 ML USA N°551, 28.7.1995, p 66) Avant 16 ans, paracétamol plutôt que aspirine ? L'agence de contrôle des médicaments britannique a recommandé le 23 octobre de ne pas administrer d'aspirine chez l'enfant de moins de 16 ans sans avis médical. Recommandation limitée jusqu'alors aux enfants de moins de 12 ans… la survenue de quelques cas de syndrome de Reye chez des adolescents a incité les autorités… Ce syndrome très rare comporte un risque vital, et l'aspirine ne doit être administrée aux enfants atteints d'une maladie virale (en particulier varicelle ou épisodes d'allure grippale)"que sur avis médical lorsque les autres mesures ont échoué"… (Méd & Hyg. 2412,6 nov 02, 2058) Commentaire: que penser de l'administration de fébrifuges prescrits presque de routine par le pédiatre après les vaccinations ? A quand la mise en garde contre les fébrifuges chez tout le monde…? Les cultures de germes ne se font en général pas à 39°,car elles ne poussent plus. Pourquoi donc vouloir arrêter la prolifération des germes (par les antibiotiques ) et en même temps empêcher l'organisme de faire ce qu'il faut pour (fièvre)? Ceci représente un combat supplémentaire, et revient à demander à quelqu'un de gagner un duel à l'épée tout en le privant de son arme pour éviter le bruit désagréable! On veut bien se battre, mais surtout sans que cela se sente, ne se voie, ne chauffe pas… Prend-on un fébrifuge lors d'un entraînement sportif ? Effets favorables de la fièvre: - Les cytokines pyrogènes augmentent la résistance aux infections bactériennes et virales. - La prolifération des cellules T, si importantes pour la défense de l'organisme, est maximum à 39°C. - Plus la fièvre est élevée en cas de septicémie gram nég., plus les chances de survie sont bonnes. - La réduction médicamenteuse de la fièvre n'est pas toujours bénéfique: ainsi les lésions de la varicelle s'encroûtent plus lentement chez les enfants recevant du paracétamol . (Trib. Médic., N° 24, Ven 12 juin 98 :12) LA FIÈVRE EST UTILE. (EXTRAITS DE LA LITTÉRATURE MÉDICALE) Amélioration de la survie « Une élévation de la température suite à une infection bactérienne induit une augmentation significative de survie de l'hôte. » (Science 1975 Avr. Il ; 188 (4184) 166-8) « Il n 'y a aucune évidence qu'une fièvre naturelle soit nocive. Au contraire, les études sur les animaux ont prouvé que la fièvre améliore leur survie, alors que les infections traitées avec des fébrifuges présentent une mortalité accrue. De surcroît, il existe de nombreuses preuves in vitro que la plupart des défenses immunologiques humaines fonctionnent mieux lorsque la température est supérieure à la normale. » (The Lancet, volume 337, mars 9, 1991) « Il y a de nombreuses preuves en faveur du fait que la fièvre est une réponse d'adaptation de l'hôte à une infection... ainsi, il est probable que l'utilisation des médicaments antipyrétiques/anti-inflammatoires/analgésiques, dans un but de supprimer la fièvre, augmente la morbidité et la mortalité de la plupart des infections.» (Infect Dis Clin North Am 1996 Mar; 10(1) : 1-20.) « Des études sur des animaux infectés par des bactéries ou des virus ont prouvé que les fièvres modérées diminuent la morbidité et augmentent le taux de survie. » (Yale J Biol Med 1986 Mar-April; 59 (2): 89-95) Paracétamol et asthme La plupart des enfants du monde entier reçoivent une fois ou l'autre du paracétamol / acétaminophène au cours de leur première année - mais les effets à long terme n'ont jamais été étudiés chez eux. Quelque 205500 enfants de 6 à 7 ans ont été examinés quant à leur consommation de paracétamol et la présence (Odds Ratio) de symptômes asthmatiques pendant leur première année de vie et dans les 12 mois précédant l'étude. Le paracétamol pendant la première année de vie a été associé à des signes d'asthme selon un OR de 1,46, et celui dans les douze mois précédents selon un OR de 1,61 si consommation faible et 3,23 si consommation importante. - Une énorme étude, risque relativement faible à causalité incertaine. Mais il semble indiqué d'être restrictif avec le paracétamol pendant la première année et les années suivantes, en attendant d'autres études. -Lancet, 2008;372:1039-48/1011-2. Paracétamol « En dépit de notre manque de connaissance suffisante des mécanismes thérapeutiques, on l'a prétendu être un médicament sûre, particulièrement pour les enfants... il existe des preuves croissantes que le Paracétamol n'est pas un médicament anodin comme on l'a pensé... Nous voudrions remettre en cause le bien- fondé d'une prescription aussi massive de ce médicament. Si c'est pour l'utiliser comme placebo, alors c'est un placebo très dangereux. La place du Paracétamol dans la prescription chez l'enfant doit être remise en question. S'il y a peu de souci pour son utilisation sur une courte période en tant qu'analgésique, les controverses sont grandes sur son utilisation comme antipyrétique... il y a peu de preuve qui justifie l'utilisation de Paracétamol dans le traitement d'état fébrile chez des patients ne présentant pas d'affection cardiaque ou pulmonaire. Le Paracétamol peut diminuer la réponse immunitaire lors d'infection et accroître la morbidité et la mortalité dans les infections sévères. Trop de parents et de professionnels de la santé pensent que la fièvre est néfaste et nécessite l'emploi de Paracétamol pour la supprimer, alors qu'en fait une fièvre modérée peut améliorer la réponse immunitaire. » (Family Practice, volume 13, No 2, 1996) Fièvre et convulsions Lors de coup de chaleur… d'autres complications potentiellement fatales d'une atteinte due à la chaleur comprennent des convulsions (particulièrement lors du refroidissement thérapeutique), un infarctus du myocarde… (Medical Letter, vol 25, N°17, 15.8.03, p71) Question: pouvant voir les convulsions comme un frissonnement aggravé (dont le but est de brûler du sucre pour monter la température), les convulsions fébriles chez les enfants surviennent-elles davantage chez ceux que l'on refroidit rapidement, médicalement ou physiquement? Fièvre et cerveau « La fièvre est rarement nocive. Seules des fièvres extrêmement élevées de 42.2ºC ou plus peuvent endommager cerveau. Des fièvres de 40.5ºC et plus nécessitent une attention particulière, principalement parce qu'elles sont un indice d'une infection sérieuse possible (comme une méningite). » (Sunday Star Times, mai 3, 1998, C3) « Les données actuelles suggèrent que l'administration fréquente d'antipyrétiques aux enfants lors de maladies infectieuses puisse engendrer une détérioration de leur maladie.» (Acta Paed. Jpn Aug; 36 1994 (4) 375-378) « La fièvre est un paramètre important d'une maladie et ne doit pas être systématiquement supprimée par des antipyrétiques.. .la fièvre peut être en fait bénéfique pour les mécanismes de défense de l'hôte.. .la fièvre est de courte durée et ne provoque qu'un inconfort modéré. Un traitement antipyrétique de routine devrait être évité, mais peut se révéler nécessaire chez des personnes présentant une maladie cardiovasculaire ou neurologique. » (Infect Dis Clin North Am 1996 Mar; 10 (1) 211- 216) « Des études sur des animaux infectés par des bactéries ou des virus ont prouvé que les fièvres modérées diminuent la morbidité et augmentent le taux de survie. » (Yale J Biol Med 1986 Mar-April; 59 (2): 89-95) « La Maladie Méningococcique : L'utilisation d'analgésiques a été associée à la maladie...Sous le terme: «utilisation d'analgésiques », on entend une prise d'analgésique dans les 2 semaines précédant l'infection (à l'exclusion de ceux pris pour des symptômes précurseurs de la maladie méningococcique). Ces analgésiques étaient avant tout du Paracétamol... nous ne pouvons exclure la possibilité que l'utilisation de Paracétamol est, en elle-même, un facteur de risque pour une maladie méningococcique. » (Ped Infec Dis, oct. 2000, vol. 19, nº 10, 983-990) Grippe plus longue « Les antipyrétiques prolongent la maladie chez les personnes atteintes de la grippe A. . . La durée de la maladie est prolongée de manière significative. » (Pharmacotherapy 2000,20: 417-422) « Ces résultats suggèrent que la suppression systématique de la fièvre puisse ne pas être utile pour des patients ne présentant pas un grave traumatisme cérébral ou une hypoxémie significative. » (Arch Intern Med 2001, Janv. 8; 161 (1) 12J-123) Varicelle et fièvre Last but not least : Si vous voulez transformer une varicelle en une forme grave (fasciite nécrosante fulminante), donnez du Paracétamol! (Pediatrics vol. 103, nº 4, avril 1999, 783-784 et 785-790) (Infect Med 1999 16 (5): 307) En France, 5 anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont indiqués chez l'enfant (âge moins de 15 ans) dans le traitement de la fièvre et/ou de la douleur. Il s'agit de l'ibuprofène, du kétoprofène, de l'acide méfénamique, de l'acide niflumique et de l'acide tiaprofénique (cf. liste en annexe). A la suite de la notification de trois cas de choc septique chez des enfants traités par AINS pour fièvre et/ou douleur (une évolution fatale, une insuffisance rénale séquellaire et une guérison), une enquête de pharmacovigilance a été déclenchée, pour tous les AINS indiqués chez l'enfant, en vue d'évaluer le risque de complications infectieuses graves. Cette enquête a permis de retrouver, chez des enfants atteints de varicelle et traités par AINS, des cas parfois graves de complications infectieuses des lésions cutanées (abcès cutané, cellulite, fasciite, fasciite nécrosante, infection cutanée, nécrose cutanée, pyodermite, pyodermite gangréneuse). Le taux de notification de ces complications infectieuses montre qu'elles sont exceptionnelles. Par ailleurs, en l'absence de tout traitement par AINS, la varicelle peut conduire à ces mêmes complications infectieuses cutanées et des tissus mous. Les rares études ayant abordé le rôle favorisant des AINS dans ces complications infectieuses ne permettent pas, en l'état, ni de l'affirmer, ni de l'exclure. Toutefois la gravité de ces cas, bien qu'exceptionnels, a conduit l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) à renforcer l'information du Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) de toutes les spécialités concernées, ainsi que de la notice patient. L'AFSSAPS souhaite donc informer les professionnels de santé (médecins généralistes, pédiatres, réanimateurs pédiatriques, pharmaciens) que l'instauration d'un traitement par AINS pour la prise en charge de la fièvre et/ou de la douleur, n'est pas recommandée chez l'enfant atteint de varicelle. Auteur: Dr. Guy Loutan